Clotilde

Clotilde

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Clotilde
L'anémone et l'ancolie ont poussé dans le jardin où dort la mélancolie entre l'amour et le dédain Il y vient aussi nos ombres que la nuit dissipera le soleil qui les rend sombres avec elles disparaîtra Les déités des eaux vives laissent couler leur longs cheveux passe il faut que tu poursuives cette belle ombre que tu veux
Clotilde
Columbine, anemone: in the garden both have grown. Love accompanies disdain, melancholy sleeps between. Yes and here our shadows come which the night shall take away and the sun that darkens them soon shall vanish as shall they. Living waters’ deities letting loose their flowing hair. Lovely shadow you must chase, chase the shadow you desire.

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Guillaume Apollinaire...

Hunting-Horns

Cors de chasse (Alcools, 1913)

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Cors de chasse (Alcools, 1913)
Notre histoire est noble et tragique Comme le masque d’un tyran Nul drame hasardeux ou magique Aucun détail indifférent Ne rend notre amour pathétique Et Thomas de Quincey buvant L’opium poison doux et chaste À sa pauvre Anne allait rêvant Passons passons puisque tout passe Je me retournerai souvent Les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi le vent
Hunting-Horns
Our history is grand and tragic Like a dictator’s public phiz: No drama hazardous or magic, No pointless trivialities, Can bring down pity on our love. Thomas de Quincey, prone to quaff Opium, poison sweet and pure, Went dreaming to his Anne, poor lass. Then let us pass, for all things pass: I shall be back again for more. They’re hunting-horns, our memories: And on the wind their echo dies.

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Guillaume Apollinaire...

A Bird is Singing

Un oiseau chante

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Un oiseau chante
Un oiseau chante ne sais où C’est je crois ton âme qui veille Parmi tous les soldats d’un sou Et l’oiseau charme mon oreille Écoute il chante tendrement Je ne sais pas sur quelle branche Et partout il va me charmant Nuit et jour semaine et Dimanche Mais que dire de cet oiseau Que dire des métamorphoses De l’âme en chant dans l’arbrisseau Du cœur en ciel du ciel en roses L’oiseau des soldats c’est l’amour Et mon amour c’est une fille La rose est moins parfaite et pour Moi seul l’oiseau bleu s’égosille Oiseau bleu comme le cœur bleu De mon amour au cœur céleste Ton chant si doux répète-le À la mitrailleuse funeste Qui claque à l’horizon et puis Sont-ce les astres que l’on sème Ainsi vont les jours et les nuits Amour bleu comme est le cœur même
A Bird is Singing
A bird is singing don’t know where must be your soul that’s watchful there among so many really mere soldiers, his song delights my ear Listen he sings so tenderly where on what branch I cannot say goes everywhere delighting me weekdays and Sundays night and day About this bird what can I say about these metamorphoses a soul on song in shrubby tree a heart in heaven a heaven in roses Love is the bird of soldiers. I’ve a darling girl who is my love more perfect than a rose of course blue bird sings just for me he’s hoarse Blue bird as blue as my love’s blue heart loving heart of heaven’s own your song is sweet recite it to the deadly automatic gun That clatters on the skyline do we see the stardust being sown the days and nights are going gone blue love blue as the heart is blue

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Guillaume Apollinaire...

Marie

Marie

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

To Marie Laurencin. She left him as he was a drinker, very unfaithful. Briefly married to a German, she lived till 1956. Very good painter.
Marie
Vous y dansiez petite fille Y danserez-vous mère-grand C’est la maclotte qui sautille Toute les cloches sonneront Quand donc reviendrez-vous Marie Les masques sont silencieux Et la musique est si lointaine Qu’elle semble venir des cieux Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine Et mon mal est délicieux Les brebis s’en vont dans la neige Flocons de laine et ceux d’argent Des soldats passent et que n’ai-je Un cœur à moi ce cœur changeant Changeant et puis encor que sais-je Sais-je où s’en iront tes cheveux Crépus comme mer qui moutonne Sais-je où s’en iront tes cheveux Et tes mains feuilles de l'automne Que jonchent aussi nos aveux Je passais au bord de la Seine Un livre ancien sous le bras Le fleuve est pareil à ma peine Il s’écoule et ne tarit pas Quand donc finira la semaine
Marie
There you danced when you were young Will or not when you're a granny It's the hip-hop-hootenanny Bells will one and all be rung When will you return, my honey? All the masks are mute and hushed So far off the melodies Might be coming from the skies Want to love you love you only just O my pain the ecstasies Sheep that vanish in the snow Flakes of wool bright coinage too Soldiers on a mission go Here's my heart not trusty true Changeable what might I know Know the future of your hair Frizzed as when the ocean heaves Know the future of your hair And your hands those autumn leaves Yes our vows fall thickly there I was strolling by the Seine Antique book beside the river River not unlike my pain Won't run dry it flows for ever Will this week at last be over

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Guillaume Apollinaire...

Outward Bound

OUTWARDS

Henry Levet (1874-1906)

OUTWARDS
L’Armand Béhic (des Messageries Maritimes) File quatorze nœuds sur l’Océan Indien… Le soleil se couche en des confitures de crimes, Dans cette mer plate comme avec la main. - Miss Roseway, qui se rend à Adélaïde, Vers le Sweet Home au fiancé australien, Miss Roseway, hélas, n’a cure de mon spleen; Sa lorgnette sur les Laquedives, au loin… - Je vais me préparer – sans entrain! – pour la fête De ce soir: sur le pont, lampions, danses, romances (Je dois accompagner miss Roseway qui quête - Fort gentiment – pour les familles des marins Naufragés!) Oh, qu’en une valse lente, ses reins À mon bras droit, je l’entraine sans violence Dans un naufrage où Dieu reconnaîtra ses siens…
Outward Bound
Indian Ocean: Postal Maritime: Steaming at fourteen knots, the Andrew B. The sun sets in its jammy mess of crime Into this flat, seemingly hand-smoothed sea. Miss Roseway, who is bound for Adelaide To her fiancé’s Home Sweet Home of sheep, Can’t cure my spleen’s distemper, I’m afraid, Her lorgnette quizzing at the Lakshadweep. Reluctantly, I shall attend the dance This evening: lanterns on the bridge; romance. (I’m partnering Miss Roseway, who solicits For shipwrecked sailors’ families, in the nicest Possible way!) O, may I, in the waltz, Cradling her kidneys, gently draw her on To shipwreck! God will recognise his own…
Published in The London Magazine 2018 and in Poetry Atlas (online)

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Henry Levet...

British India

British India

Henry Levet (1874-1906)

British India
À Rudyard Kipling Les bureaux ferment à quatre heures à Calcutta; Dans le park du palais s’émeut le tennis ground; Dans Eden Garden grince la musique épicée des Cipayes; Les equipages brillants se saluent sur le Red Road... Sur son trône d’or, étincelant de rubis et d’émeraudes, S.A. le Maharadjah de Kapurthala Regrette Liane de Pougy et Cléo de Mérode Dont les photographies dédicacées sont là... — Bénarès, accroupie, rêve le long du fleuve; La Brahmane, candide, lassé des épreuves, Repose vivant dans l’abstraction parfumée... — A Lahore, par 120 degrés Fahrenheit, Les docteurs Grant et Perry font un match de cricket, — Les railways rampant dans la jungle ensoleillée.
British India
To Rudyard Kipling At four, Calcutta’s offices are shut. Excitement at the Palace tennis-court. In Eden Gardens, spice of sepoy band. On the Red Road, smart landaus meet and greet. Enthroned in rubies, emeralds, and gold, The Maharajah of Kapurthala Thinks ruefully of Pougy and Mérode, Whose inscribed portrait photographs he holds. Benares dreams, crouched at the riverside; The Brahmin, candid, weary of his tests, Lives in his perfumed abstract thoughts, and rests. Lahore is at one-twenty Fahrenheit: There’s cricket, Dr Perry, Dr Grant. Through sun-drenched jungles, railway-trains advance.

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Henry Levet...

If all the world’s lasses

Si toutes les filles du monde

Paul Fort (1872-1960)

Si toutes les filles du monde
Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main, Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde. Si tous les gars du monde voulaient bien être marins, Ils feraient avec leurs barques, un joli pont sur l’onde. Alors on pourrait faire une ronde tout autour du monde, Si tous les gens du monde voulaient se donner la main.
If all the world’s lasses
If all the world’s lasses Joined up hand in hand They could dance round the sea In a ring on dry land. If all the world’s lads Would sail out on the sea, A bridge over water Their vessels would be. And so we could make A ring round every land If all of the people Joined up hand in hand.

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Paul Fort...

Categories
French

(From) Christmas Marching Song

Paul Claudel (1868-1955)

Translated by Timothy Adès

More poems by Paul Claudel...

Le Cid

Le Cid

GEORGES FOUREST (1867-1945)

Le Cid
Le palais de Gormaz, comte et gobernador, est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre l'hidalgo dont le sang a rougi la rapière de Rodrigue appelé le Cid Campeador. Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre Chimène, en voile noire, s'accoude au mirador et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière regarde, sans rien voir, mourir le soleil d'or... Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle : sur la plaza Rodrigue est debout devant elle ! Impassible et hautain, drapé dans sa capa, le héros meurtrier à pas lents se promène : - Dieu! soupire à part soi la plaintive Chimène, qu'il est joli garçon l'assassin de Papa !
Le Cid
There is death at Count Gormaz the Governor’s hall: beneath the cold capstone for ever is laid the hidalgo whose blood has just reddened the blade of Rodrigo the Cid, greatest champ of them all. Black-draped on the mirador – evening must fall – Chimène is entreating Saints Peter and Paul. Her eyes are all fiery with tears as she prays: she watches, unseeing, the last golden rays. But suddenly lightning has flashed in her face! In his cape in the plaza below her he stands, impassive and haughty, with blood on his hands! The hero goes strolling at moderate pace, and Chimène turns aside to sigh wistfully, “La! What a good-looking fellow has butchered papa!”

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by GEORGES FOUREST...

Contrerimes

Contrerimes

Paul-Jean Toulet (1867-1920)

Contrerimes
En Arles Dans Arles, où sont les Aliscans, Quand l’ombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses. Lorsque tu sens battre sans cause Ton coeur trop lourd; Et que se taisent les colombes: Parle tout bas, si c’est d’amour, Au bord des tombes. *** Toute allégresse a son défaut Et se brise elle-même. Si vous voulez que je vous aime; Ne riez pas trop haut. C'est à voix basse qu'on enchante Sous la cendre d'hiver Ce coeur, pareil au feu couvert, Qui se consume et chante.
Contrerimes
The Alyscamps Sunshine, rose-shade, sweetness, take note: your heavy heart senselessly booms. Silent, the dove. Speak low of love amid the tombs. All joys are flawed And fall apart. Don’t laugh too loud: Rouse my desire. Softly inspire, Singing under Winter’s cinders Like covered fire, A burning heart.

Translation: Copyright © Timothy Adès

More poems by Paul-Jean Toulet...