C’était un temps béni nous étions sur les plages
Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau
Et vite comme va la langue d’un crapaud
L’amour blessait au coeur les fous comme les sages
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre
C’était un temps béni Le temps du vaguemestre
On est bien plus serré que dans les autobus
Et des astres passaient que singeaient les obus
Quand dans la nuit survint la batterie équestre
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre
C’était un temps béni Jours vagues et nuits vagues
Les marmites donnaient aux rondins des cagnats
Quelque aluminium où tu t’ingénias
À limer jusqu’au soir d’invraisemblables bagues
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre
C’était un temps béni La guerre continue
Les Servants ont limé la bague au long des mois
Le Conducteur écoute abrité dans les bois
La chanson que répète une étoile inconnue
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était militaire
As-tu connu Guy au galop
Du temps qu’il était artiflot
À la guerre
The Seasons
Those were the days! with bare feet and no hat
On the beach in the morning, a blessing bestowed
When Love like the flickering tongue of a toad
Struck the wise and the witless and struck to the heart
Did you know Galloping Guy
Guy in the Army the Fighting Forces
Gunnery Guy in the horse artillery
During the War?
Those were the days of the baggage-master
Who packed us all in like a bus-conductor
At night when the gunners came up with their horses
The salvoes frazzled the stars in their courses
Did you know Galloping Guy
Guy in the Army the Fighting Forces
Gunnery Guy in the horse artillery
During the War?
Those were the days and the nights you could tell
Shells over our shelters were raining things
Aluminium fell from each crump of a shell
We filed and we polished improbable rings
Did you know Galloping Guy
Guy in the Army the Fighting Forces
Gunnery Guy in the horse artillery
During the War?
Those were the days we kept on with the War
The Gunners were filing and polishing rings
The Boss in the woods heard the voice that sings
The carefree song of an unknown star
Did you know Galloping Guy
Guy in the Army the Fighting Forces
Gunnery Guy in the horse artillery
During the War?
Feu d'artifice en acier
Qu'il est charmant cet éclairage
Artifice d'artificier
Mêler quelque grace au courage
Deux fusants rose éclatement
Comme deux seins que l'on dégrafe
Tendent leurs bouts insolemment
IL SUT AIMER quelle épitaphe
Un poète dans la forêt
Regarde avec indifférence
Son revolver au cran d'arrêt
Des roses mourir d'espérance
Il songe aux roses de Saadi
Et soudain sa tête se penche
Car une rose lui redit
La molle courbe d'une hanche
L'air est plein, d'un terrible alcool
Filtré des étoiles mi-closes
Les obus caressent le mol
Parfum nocturne où tu reposes
Mortification des roses
Carnival
Fireworks filigreed in steel
Very pretty lighting this
Artificer’s artifice
Courage gets a touch of style
Starburst rockets rosy pair
Like a bared and spilling bust
Pout their points up shameless there
‘QUITE SOME LOVER’ now he’s dust
Poet in the forest looked
Two things he’s indifferent
His revolver isn’t cocked
Roses died too confident
Saadi’s roses in his mind
See his head go down inclined
When a rose reminds him of
Someone’s soft posterior curve
One-eyed stars the air is filled
By foul gases they’ve distilled
Alcohols that rot the sky.
Soft night’s perfume is caressed
By explosions where you rest
That’s how roses mortify
Published in The London Magazine, December/January 2014/15. ~ Video starts at 1'44".
L'anémone et l'ancolie
ont poussé dans le jardin
où dort la mélancolie
entre l'amour et le dédain
Il y vient aussi nos ombres
que la nuit dissipera
le soleil qui les rend sombres
avec elles disparaîtra
Les déités des eaux vives
laissent couler leur longs cheveux
passe il faut que tu poursuives
cette belle ombre que tu veux
Clotilde
Columbine, anemone:
in the garden both have grown.
Love accompanies disdain,
melancholy sleeps between.
Yes and here our shadows come
which the night shall take away
and the sun that darkens them
soon shall vanish as shall they.
Living waters’ deities
letting loose their flowing hair.
Lovely shadow you must chase,
chase the shadow you desire.
Notre histoire est noble et tragique
Comme le masque d’un tyran
Nul drame hasardeux ou magique
Aucun détail indifférent
Ne rend notre amour pathétique
Et Thomas de Quincey buvant
L’opium poison doux et chaste
À sa pauvre Anne allait rêvant
Passons passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent
Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent
Hunting-Horns
Our history is grand and tragic
Like a dictator’s public phiz:
No drama hazardous or magic,
No pointless trivialities,
Can bring down pity on our love.
Thomas de Quincey, prone to quaff
Opium, poison sweet and pure,
Went dreaming to his Anne, poor lass.
Then let us pass, for all things pass:
I shall be back again for more.
They’re hunting-horns, our memories:
And on the wind their echo dies.
Un oiseau chante ne sais où
C’est je crois ton âme qui veille
Parmi tous les soldats d’un sou
Et l’oiseau charme mon oreille
Écoute il chante tendrement
Je ne sais pas sur quelle branche
Et partout il va me charmant
Nuit et jour semaine et Dimanche
Mais que dire de cet oiseau
Que dire des métamorphoses
De l’âme en chant dans l’arbrisseau
Du cœur en ciel du ciel en roses
L’oiseau des soldats c’est l’amour
Et mon amour c’est une fille
La rose est moins parfaite et pour
Moi seul l’oiseau bleu s’égosille
Oiseau bleu comme le cœur bleu
De mon amour au cœur céleste
Ton chant si doux répète-le
À la mitrailleuse funeste
Qui claque à l’horizon et puis
Sont-ce les astres que l’on sème
Ainsi vont les jours et les nuits
Amour bleu comme est le cœur même
A Bird is Singing
A bird is singing don’t know where
must be your soul that’s watchful there
among so many really mere
soldiers, his song delights my ear
Listen he sings so tenderly
where on what branch I cannot say
goes everywhere delighting me
weekdays and Sundays night and day
About this bird what can I say
about these metamorphoses
a soul on song in shrubby tree
a heart in heaven a heaven in roses
Love is the bird of soldiers. I’ve
a darling girl who is my love
more perfect than a rose of course
blue bird sings just for me he’s hoarse
Blue bird as blue as my love’s blue
heart loving heart of heaven’s own
your song is sweet recite it to
the deadly automatic gun
That clatters on the skyline do
we see the stardust being sown
the days and nights are going gone
blue love blue as the heart is blue
To Marie Laurencin. She left him as he was a drinker, very unfaithful. Briefly married to a German, she lived till 1956. Very good painter.
Marie
Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie
Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine
Marie
There you danced when you were young
Will or not when you're a granny
It's the hip-hop-hootenanny
Bells will one and all be rung
When will you return, my honey?
All the masks are mute and hushed
So far off the melodies
Might be coming from the skies
Want to love you love you only just
O my pain the ecstasies
Sheep that vanish in the snow
Flakes of wool bright coinage too
Soldiers on a mission go
Here's my heart not trusty true
Changeable what might I know
Know the future of your hair
Frizzed as when the ocean heaves
Know the future of your hair
And your hands those autumn leaves
Yes our vows fall thickly there
I was strolling by the Seine
Antique book beside the river
River not unlike my pain
Won't run dry it flows for ever
Will this week at last be over
Trois grands lys Trois grands lys sur ma tombe sans croix
Trois grands lys poudrés d’or que le vent effarouche
Arrosés seulement quand un ciel noir les douche
Majestueux et beaux comme sceptres des rois
L’un sort de ma plaie et quand un rayon le touche
Il se dresse sanglant c’est le lys des effrois
Trois grands lys Trois grands lys sur ma tombe sans croix
Trois grands lys poudrés d’or que le vent effarouche
L’autre sort de mon cœur qui souffre sur la couche
Où le rongent les vers L’autre sort de ma bouche
Sur ma tombe écartée ils se dressent tous trois
Tout seuls tout seuls et maudits comme moi je crois
Trois grands lys Trois grands lys sur ma tombe sans croix
The Suicide
No cross on my grave Three great lily flowers,
Lilies dusted with gold in the shock of the winds
Majestic and lovely as sceptres of kings
What waters them? Only the black sky’s showers
One’s the lily of terror all bloody it springs
From my wound when the touch of a sunbeam empowers
No cross on my grave Three great lily flowers,
Lilies dusted with gold in the shock of the winds
Where the worms eat my heart there’s a lily that springs
From its cradle of sorrows and sufferings
From my lips there’s a third by my creed there’s no cross
Nothing else and like me they are under a curse
No cross on my grave Three great lily flowers
J’enseignai les chants à la vierge aux pieds d’or
Dont la voix ressemble à la voix de la source,
Et dont les beaux pieds semblent prendre l’essor,
Légers à la course.
J’enseignai les chants où brûlent les parfums,
Où pleurent l’angoisse et l’effroi des attentes,
Quand le crépuscule assombrit les ors bruns
Des rives ardentes.
J’enseignai les chants qui montent vers l’autel
D’où l’Aphrodita tourmente l’amoureuse
Et qui font pâlir le sourire cruel
De la Bienheureuse.
I Taught the Songs
I taught the songs to maiden pure,
Gold-footed, voicing like a source;
On light fine toes she seems to soar,
Pacing her course.
I taught the songs where attars burn,
Where anguish weeps with future fear,
When twilight shades the golden-brown
Of brooks on fire.
I taught the songs that rise to where
The Cyprian mocks the importunate;
They fade her cruel smiling stare,
The Fortunate.
Tout luit, tout bleuit, tout bruit,
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.
Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans l’air où rôde
Comme un parfum de reine-claude.
Du soleil comme de l’eau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu
Qui grésille et oscille un peu.
Un infini plaisir de vivre
S’élance de la forêt ivre,
Des blés roses comme du cuivre.
Heat
Blue brilliant din,
Burnt day’s fruity burn
Stewed splittered in sun.
Each hot little leaf
Glints roving as if
High greengagey puff.
Sun raining like water
On yellow fields flutter
And blue pitter patter.
Joy of living sans bourn
From grog-forest born;
Copper-pink is the corn.