Excavations at Olympia
Ausgrabungen in Olympia
Carl Spitzweg (1808-85)
Ausgrabungen in Olympia
Und wird die Welt auch noch so alt,
Der Mensch, er bleibt ein Kind!
Zerschlägt sein Spielzeug mit Gewalt,
Wie eben Kinder sind!
Wann alles erst in klein zerstückt
Und nichts mehr zu verderben,
So sucht er wieder - neubestückt -
Und spielt dann mit den Scherben.
Excavations at Olympia
However much the world may age,
Man’s childish to the end,
Destroys his toys in violent rage,
For that’s the childish trend.
When all is smashed to pieces, when
There’s nothing left to blitz,
He smashes more and tries again
And plays with little bits.
Translation: Copyright © Timothy Adès
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In the Luxembourg Gardens
Une Allée du Luxembourg
Gérard de Nerval (1808-55)
Une Allée du Luxembourg
Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau :
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.
C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait !
Mais non, – ma jeunesse est finie...
Adieu, doux rayon qui m’as lui, –
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, – il a fui !
In the Luxembourg Gardens
She passed by, she was young,
Lithe as bird on the wing,
In her hand a bright flower,
On her lips a new song.
Could her heart, of all hearts,
Give my heart a response?
Could she lighten my dark
With the fire of her glance?
But no, my youth is finished...
Farewell, sweet ray that shone,
Girl, music, perfume, vanished:
Happiness, passing, gone !
And here's a translation by Anon:
E’ passata la gaia ragazza,
svelta e vispa come un fringuello:
con in mano una rosa di guazza,
ed in bocca un suo fresco stornello.
Ella è forse la sola nel mondo
che darebbe il suo cuore al mio cuore:
e che il buio in cui vivo, profondo,
con un bacio farebbe splendore.
Ma la mia giovinezza è già via…
Ti saluto, miraggio fugace!
Oh! Profumo, fanciulla, armonia,
non son più che un ricordo mendace.
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Fantasy
Fantaisie
Gérard de Nerval (1808-55)
Fantaisie
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Wèbre :
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets!
Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit.
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue... et dont je me souviens!
Fantasy
Rossini, Mozart, yes, and Weber,
I’d give them all for just one tune:
It’s ancient, languid and sepulchral,
It keeps its charms for me alone.
I hear it, and my soul is younger:
Each time, two centuries are gone.
Louis the Thirteenth; a green hillside
Turns golden in the setting sun.
Stately brick house with fine stone corners:
Red colours tint its window-glass.
A river laves its feet, goes flowing
Through parks in flower, swathes of grass;
Fair lady at her lofty window,
Black eyes, her dress historical,
Whom in some earlier existence
I may have seen ... and can recall!
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Notre-Dame, Paris
Notre-Dame de Paris
Gérard de Nerval (1808-55)
Notre-Dame de Paris
Notre-Dame est bien vieille: on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher!
Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor;
– Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort!
Notre-Dame, Paris
Notre-Dame’s old. Who knows if, by and by,
She, who saw Paris born, shall see her die?
Ages shall pass. Time, as the wolf subdues
The ox, shall bring her heavy carcass down
With his dull tooth, shall twist her iron thews,
And gnaw her skeleton of ancient stone.
From every land on earth a throng shall stream
To view the dismal ruin, and shall dream,
Reading the fable that great Victor made:
They’ll see a vision of the hallowed pile,
Mighty and splendid in its antique style,
Rise up before them like a spectral shade!
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Sunset
Le Coucher du Soleil
Gérard de Nerval (1808-55)
Le Coucher du Soleil
Quand le soleil du soir parcourt les Tuileries
Et jette l’incendie aux vitres du château;
Je suis la Grande Allée et ses deux pièces d’eau
Tout plongé dans mes rêveries!
Et de là, mes amis, c’est un coup d’œil fort beau
De voir, lorsqu’à l’entour la nuit répand son voile,
Le coucher du soleil, riche et mouvant tableau,
Encadré dans l’Arc de l’Étoile!
Sunset
When sunset penetrates the Tuileries,
Kindling a blaze on all the stately glass,
By the Grand Avenue’s twin pools I pass,
Plunged deep in my reveries!
From there, my friends, it is spectacular:
I watch, as round me spreads the veil of Night,
The setting of the sun, a sumptuous sight,
Framed in the Arch of the Star!
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Song of Montenegro
Chant monténégrin
Gérard de Nerval (1808-55)
Chant monténégrin
C’est l’empereur Napoléon,
Un nouveau César, nous dit-on,
Qui rassembla ses capitaines :
« Allez là-bas
Jusqu’à ces montagnes hautaines ;
N’hésitez pas !
» Là sont des hommes indomptables,
Au cœur de fer,
Des rochers noirs et redoutables
Comme les abords de l’enfer. »
Ils ont amené des canons
Et des houzards et des dragons.
« – Vous marchez tous, ô capitaines
Vers le trépas ;
Contemplez ces roches hautaines,
N’avancez pas !
» Car la montagne a des abîmes
Pour vos canons ;
Les rocs détachés de leurs cimes
Iront broyer vos escadrons.
» Monténégro, Dieu te protège,
Et tu seras libre à jamais,
Comme la neige
De tes sommets ! »
Song of Montenegro
Mighty Napoleon,
Caesar’s new heir
Summoned his captains,
Told them: “Go there,
Take those high mountains,
March without fear!
“Dauntless their warriors,
Courage of steel.
Black rocky barriers,
Bulwarks of Hell.”
Gathered, the guns,
Lancers, dragoons.
“Captains, your cohorts
March to mischance:
Gaze on these ramparts,
Do not advance!
“Mountain ravines
Gape for your guns;
High hurtling stones
Crush your platoons.
“Black-Mountain-Land,
God shall dispose:
Safe in His hand,
Free as your snows!”
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Thoughts of Byron ~ Elegy
Pensée de Byron ~ Élégie
Gérard de Nerval (1808-55)
Pensée de Byron ~ Élégie
Par mon amour et ma constance,
J’avais cru fléchir ta rigueur,
Et le souffle de l’espérance
Avait pénétré dans mon cœur ;
Mais le temps, qu’en vain je prolonge,
M’a découvert la vérité,
L’espérance a fui comme un songe…
Et mon amour seul m’est resté !
Il est resté comme un abîme,
Entre ma vie et le bonheur,
Comme un mal dont je suis victime,
Comme un poids jeté sur mon cœur !
Pour fuir le piège où je succombe,
Mes efforts seraient superflus ;
Car l’homme a le pied dans la tombe,
Quand l’espoir ne le soutient plus.
J’aimais à réveiller la lyre,
Et souvent, plein de doux transports,
J’osais, ému par le délire,
En tirer de tendres accords.
Que de fois, en versant les larmes,
J’ai chanté tes divins attraits !
Mes accents étaient pleins de charmes,
Car c’est toi qui les inspirais.
Ce temps n’est plus, et le délire
Ne vient plus animer ma voix ;
Je ne trouve point à ma lyre
Les sons qu’elle avait autrefois.
Dans le chagrin qui le dévore,
Je vois mes beaux jours s’envoler ;
Si mon œil étincelle encore,
C’est qu’une larme va couler !
Brisons la coupe de la vie ;
Sa liqueur n’est que du poison ;
Elle plaisait à ma folie,
Mais elle enivrait ma raison.
Trop longtemps épris d’un vain songe,
Gloire ! amour ! vous eûtes mon cœur :
O Gloire ! tu n’es qu’un mensonge ;
Amour ! tu n’es point le bonheur !
Thoughts of Byron ~ Elegy
I thought my love and constancy
Might cause your rigour to relent.
The breeze of sweet expectancy
Had stirred my deepest sentiment.
I let the wasteful months run on
Till they revealed the truth to me:
My hope’s a dream that’s lost and gone,
Only my love remains to me.
My love remains, a cleft profound
Between my life and my content,
An agony, a victim’s wound,
My spirit’s gross impediment.
I’m in the snare and must succumb,
For all exertions are in vain:
A man has one foot in the tomb,
When hope is lacking to sustain.
I loved to re-awake the lyre,
And often full of reveries
I dared, excited by desire,
To bid it play soft harmonies;
And often bitterly I wept
Singing your qualities divine,
Enchantments of a love-adept,
For you inspired those tones of mine.
Those days have vanished now; desire
No longer stirs this voice to sing;
Nor can it conjure on my lyre
Notes of our past, re-echoing.
I see my days of bliss in flight
As gnawing sorrow takes its toll;
And if my eye is sparkling bright,
Know that a tear prepares to fall.
Dash down life’s cup: one bane the less!
Its liquor is the merest poison.
Though it has pleased my wilfulness,
It maddened, with its fumes, my reason.
Too long in futile dreams’ duress
(Glory and Love!) my heart was pent;
But, Glory, you are fraudulent,
And, Love, you are not happiness.
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Sonnet - Epitaph
Sonnet - Épitaphe
Gérard de Nerval (1808-55)
Sonnet - Épitaphe
Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.
C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : " Pourquoi suis-je venu ? "
Sonnet - Epitaph
At times he seemed a skylark, gaily singing,
A lover, now insouciant, now tender,
At times a dreamer like a sad Clitander,
Until one day he heard his doorbell ringing.
The visitor was Death He bade him wait
For one last sonnet, yet to be delivered.
And then he went and lay, dispassionate,
In the cold coffin, where his body shivered.
An idler – such was history’s reckoning –
He let his ink run dry, his pen fall dumb,
Wished for all knowledge, didn’t know one thing.
One winter night, tired of life’s tedium,
His time was up, his soul was on the wing.
He went, and said: ‘Why ever did I come?’
Translation: Copyright © Timothy Adès
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Gothic Song
Chanson gothique
Gérard de Nerval (1808-55)
Chanson gothique
Belle épousée,
J’aime tes pleurs!
C’est la rosée
Qui sied aux fleurs.
Les belles choses
N’ont qu’un printemps,
Semons de roses
Les pas du Temps !
Soit brune ou blonde
Faut-il choisir?
Le Dieu du monde,
C’est le Plaisir.
Gothic Song
Beautiful bride,
Lovely your weeping.
It is the dew
On flowers sleeping.
Spring will be gone,
Loveliness knows.
Time marches on:
Plant then a rose!
Dark lass or fair,
Why say a word?
See, everywhere
Pleasure is Lord.
Translation: Copyright © Timothy Adès
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ONDINE
ONDINE
Aloysius Bertrand (1807-41)
ONDINE
– » Écoute ! – Écoute ! – C’est moi, c’est Ondine qui frôle de ces gouttes d’eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.
» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l’air.
» Écoute ! – Écoute ! – Mon père bat l’eau coassante d’une branche d’aulne verte, et mes soeurs caressent de leurs bras d’écume les fraîches îles d’herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! «
Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l’époux d’une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.
Et comme je lui répondais que j’aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s’évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.
ONDINE
“Listen! listen! I am here! Ondine, brushing with raindrops the echoing diamonds of your window-panes, by the dim light of the moon; and here in shot silk is the lady of the house, on her balcony, contemplating the beauty of starlit night and sleeping lake.
“Every wave is a water-sprite swimming in the current; every current is a path winding toward my palace; and my palace is liquid, built under the lake, in the triangle of fire, earth, and air.
“Listen! listen! My father strikes the clacking water with a green alder bough; my sisters with their arms of foam caress the fresh clumps of reeds, water-lilies, and sword-lilies; or mock the poor old willow that goes fishing with its fronds!”
She had murmured her song; she begged me to receive her ring on my finger, to wed an Ondine, and to go with her to her palace to be king of the lakes.
And when I replied that I loved a mortal woman, she was slighted, and sullen: she shed tears, burst out laughing, and vanished in droplets that streamed white along my blue window-panes.
Translation: Copyright © Timothy Adès
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