Les Errants
Les Errants
Il est ainsi de pauvres cœurs
Avec, en eux, des lacs de pleurs,
Qui sont pâles, comme les pierres
D'un cimetière.
Il est ainsi de pauvres dos
Plus lourds de peine et de fardeaux
Que les toits des cassines brunes,
Parmi les dunes.
Il est ainsi de pauvres mains,
Comme feuilles sur les chemins,
Comme feuilles jaunes et mortes,
Devant la porte.
Il est ainsi de pauvres yeux
Humbles et bons et soucieux
Et plus tristes que ceux des bêtes
Sous la tempête.
Il est ainsi de pauvres gens,
Aux gestes las et indulgents,
Sur qui s'acharne la misère,
Au long des plaines de la terre.
Vagrants
Poor hearts there are, with lakes of tears,
As pale as cemetery stones.
Poor backs there are, bowed down with loads,
More charged with pain than brown abodes
Among the dunes.
Poor hands there are, like leaves on roads,
Yellow dead leaves, outside our doors.
Poor eyes there are, eyes meek with worry,
Sadder than eyes of beasts resigned
To the storm’s fury.
Poor folk there are, with gestures kind
And soft, assailed by penury,
In every territory.
Les Errants: art by van Rysselberghe

Translation: Copyright © Timothy Adès